Cultiver sans terre ?

Qu’est-ce que la terre, ou plutôt le sol ?
La terre est “Le substrat”(1) de base de notre planète. Mais pour être plus précis en matière d’agriculture, il convient de parler du sol. Le sol, ou terre arable, est la couche terrestre superficielle qui est propre à la culture des plantes.

Le sol est d’abord un support. Mais c’est grâce aux différents composants du sol que la vie végétale est possible. Grâce aux racines, les plantes absorbent les matières minérales et organiques nécessaires à leur développement. Voyons le plus simplement possible de quoi se compose le sol.
(1) : substrat : ” Ce qui sert de support à une autre existence ” (Lalande)

Composition du sol :
Le sol arable ou cultivable est un mélange de différentes matières minérales et de diverses substances végétales et animales en décomposition. La teneur du sol en ces divers éléments varie à l’infini en fonction du lieu et de l’époque. C’est d’ailleurs ce qui rend les sols plus ou moins fertiles.
Qu’est ce qui caractérise la composition d’un sol fertile ? C’est pour la quasi totalité des plantes, la présence en quantité adéquate des composantes suivants :
– L’eau d’abord ( Plus de 2 litres par jour pour un seul plan de tomate !)

Les sels minéraux :
Les oligo-éléments tels que :
les quatre principaux sont :

  • Le calcium
  • L’azote
  • Le phosphore
  • Le potassium
  • Bore
  • Cuivre
  • Fer
  • Magnésium
  • Manganèse
  • Molybdène
  • Soufre
  • Zinc
  • Silice
  • et des dizaines d’autres…

– Enfin, et c’est indispensable, de l’oxygène ! En effet, les racines ont un besoin impératif d’oxygène pour subsister et pouvoir remplir leurs fonctions nutritives. 
Dans le sol, cette fonction d’aération des racines est remplie par les multiples trous et galeries creusés par les insectes et les vers de terre. C’est aussi pour aérer les racines que l’on retourne la terre dans les champs agricoles.

Que devient la terre dans un espace restreint (un récipient tel que pot, jardinière, etc…)
Comme nous le savons, c’est le cycle biologique de la nature qui régénère le sol. L’humus, cette terre si fertile est principalement composée des plantes et insectes morts et en décomposition qui donneront aux racines les éléments nutritifs indispensables à leur développement. Et c’est la vie qu’elle abrite qui l’aère et permet aux racines d’obtenir l’oxygène indispensable à leur bon fonctionnement

Vous l’avez compris, dans un pot, dans une jardinière, rien de tout cela ne se produit. Dans un large pot, dans un bon terreau toute plante va généreusement puiser dans cette réserve de nourriture, dont elle atteindra tôt ou tard les limites. D’ou la nécessité d’utiliser rapidement des engrais lorsque l’on veut conserver de belles plantes en pot.
Mais pire, au fur et à mesure des arrosages, la terre va se tasser, devenir imperméable et étouffer peu à peu les racines qui se sont largement développées dans le pot au fur et à mesure que la terre s’appauvrissait en éléments nutritifs. L’extrémité des racines va alors se nécroser, compromettant la croissance de vos plantes.

La culture sans terre : une vieille histoire.

Les hommes n’ont pas tous eu la chance de s’installer dans des zones fertiles. Ainsi, les techniques de la culture sans terre, ou hors sol étaient connues déjà depuis l’antiquité : Les jardins suspendus de Babylone les utilisaient et les Chinois emploient encore des techniques millénaires de culture sur gravier.

La culture hors sol “moderne” est née au XIXe siècle en Allemagne dans le cadre de recherches universitaires afin de découvrir de quoi se nourrissaient les plantes. La méthodologie nécessaire à cette analyse a contraint les chercheurs à mettre en place des processus de cultures sur supports inertes dans lesquels les racines ne sont nourries que par les sels minéraux apportés par l’eau d’arrosage. C’était la meilleure façon d’étudier les effets de telle ou telle composition sur le développement des plantes. 
Ainsi naquit l’Hydroponie, mot construit avec les racines grecques “hydro” (l’eau) et “ponos” (le travail) et que nous traduirons librement par “faire travailler l’eau”

Aujourd’hui, la culture hydroponique est pratiquée sur des millions d’hectares dans le monde. Ainsi, un grand nombre des légumes frais que nous achetons en hiver, qui sont cultivés en serre sont issus des technologies hydroponiques. C’est également le cas de la majorité des fleurs coupées que nous achetons pour notre plaisir.

Avantages de la culture sans terre

 De plus belles plantes 

  • Le substrat est inerte et reste aéré
  • Le dosage en éléments nutritifs peut être optimisé pour la variété cultivée
  • Le risque de sécheresse est moindre, le substrat retient plus d’eau que la terre (80% de son volume dans le cas de la laine de roche !)
  • Inversement, aucun risque de noyer les racines. Une fois saturé d’eau, le substrat qui reste perméable, laisse s’écouler le trop plein
  • Les insectes du sol ne s’installent pas dans un substrat inerte
  • Les germes des maladies ne s’implantent pas, ou au pire, se propagent mal dans cet environnement organiquement stérile

     Moins de travail et d’entretien 

  • Les substrats sont plus légers, que la terre
  • Les substrats ne contiennent pas de graines ni d’insectes indésirables
  • Les substrats sont plus simples à manipuler que la terre
  • Un “sol” parfaitement propre et optimisé pour recevoir des racines
  • Des contraintes de surface minimales
  • Des arrosages moins fréquents
  • et bien évidemment c’est bien plus propre que la terre

Culture sans terre et écologie

L’idée d’accueillir un potager sur son balcon, un jardin d’herbes aromatiques dans sa cuisine, voire quelques plans de tomates ou de fraises dans son salon peut intéresser et amuser le citadin épris de verdure. 
Autant en profiter pour “manger bio”, puisque ce mode de culture est désormais à notre portée. En effet, les techniques de culture hydroponique facilitent l’emploi d’engrais et d’additifs naturels, ainsi que des traitements biologiques contre les éventuels insectes nuisibles.

Culture sans terre, culture hors sol : pour cultiver dans un environnement hostile.
La culture sans terre est utilisée tout autant pour faciliter l’accès à la nourriture de populations démunies que dans les projets de station spatiale. Sans être à ces extrêmes, nos plantes citadines vivent dans un environnement hostile, mal nourries par un sol appauvri ou périodiquement brûlé par des excès d’engrais et qui les étouffe. Les techniques de culture hydroponique, qui n’utilisent pas de terre pour la culture en pots, constituent pour nos plantes, la réponse idéale aux contraintes de la vie urbaine.